Alice, je te crois

Alice, je te crois

Puis lui, avec son complet propre, bien repassé par sa femme ce matin. Elle lui a fait un petit baiser sur la bouche avant qu’il parte pour Québec, “Bonne journée mon chéri !”.

Il t’a brusqué Alice, tu voulais pas, tu voulais plus. Le film qui s’accélère, le souffle chaud, le corps pétrifié. Tu cries du dedans alors personne ne l'entend. Quand on dit non, c’est non, mais quand on dit rien, c’est quoi ? Vouloir faire payer si fort que quand les mots sortent enfin, ils se bousculent, s’enrayent, déraillent comme à déraillé plus tôt ses doigts à lui, son sexe à lui. Retiens ta langue contre celui qui aurait dû la garder dans sa bouche. Silence, poupée, silence.

Du Grand Nord jusqu’à Montréal Sud. Toutes des menteuses, un peu, avoue. Quand c’est la proie qu’on dissèque. Quand c’est la violée qui fait la pute. Quand c'est la soumise qui manipule. 

T’aurais dû fermer tes jambes, puis t’aurais aussi dû fermer ta gueule.

Mets ton poing dans ta poche sinon c’est mon poing dans ton visage. Poupée, t’es le sexe faible, la perdante toujours un peu, je te grabbe le pussy et je deviens président. Ma voix est plus grave que le sont mes actions, on m’écoutera moi, alors silence, poupée, silence.

Société secrète de femmes brisées, cassées qui continuent à vivre sans un mot, le sourire balafré, le feu en dedans, la blessure intouchable. Animal blessé qui n’ose plus un son dans un monde si bruyant qu’on entend plus les murmures.

Parle. Hurle. Griffe.

Je te souhaite le cri au milieu de ta nuit.

Hurle. Griffe. Parle. 

 Qu’enfin on entende ta plaie et qu’on la soigne.

Griffe. Hurle. Parle.

Viens nous percer les tympans que l'on t'écoute enfin.

 

Alice, Amour, je te crois.

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t'es belle fille

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